Qu'est-ce qu'une bonne décision ?
La qualité d'un décideur ne peut être jugée au seul vu des résultats...
Vous êtes comme moi ? Ça vous fatigue aussi d'entendre toujours les mêmes expressions comme par exemple le coup de monsieur Jourdain et de la prose ? Oh! là. Ça fait bien 20 ans que nous l'entendons celle-là. Et c'est pas fini. Il y en a toujours un pour la ressortir !
Des YAKA FOKON...
Une autre expression est tout aussi lassante : C'est la référence au "yaka fokon". A croire que l'entreprise ne serait peuplée que de conseilleurs aux bras coupés.
Bon ! Ok, je vous l'accorde, ils sont assez envahissants.
Mais cela dit, ce ne sont pas eux les plus nuisibles. Eux ne font rien ou pas grand chose. Ils ne font donc que peu d'erreurs. Non.
...Aux TUNOREPADU
A mon avis les plus dangereux ce sont les "pousse au regret". Ceux que l'on pourrait appeler les "ifalépafercomça" et les "tunorépadu". Autrement dit ceux qui n'ont que ces mots à la bouche : "Il fallait pas faire comme ça", "Pourquoi as-tu fait comme cela", " Tu n'aurais pas dû " ou encore "tu aurais dû me demander d'abord je t'aurais dit de ne pas le faire". (Ah le conditionnel passé ! Voilà un temps peu constructif !).
Bref, tous ceux qui se sentent en force pour juger a posteriori une décision prise par un autre.
Ces conseilleurs à rebours sont réellement les personnes dangereuses. 
Rabat-joie de nature, destructeurs par vocation, ils sont des briseurs d'enthousiasme, des castrateurs de l'initiative.
Ils étouffent la fougue et la pétulance de la jeunesse, berceau de la force et de la créativité, et incitent à l'extension de l'indifférence, voire de la rouerie.
Accusé, culpabilisé, l'infortuné décideur n'a plus que le regret comme bouée pour son estime personnelle. "Je ne recommencerai plus" pensera-t-il. C'est bien là le but de la manoeuvre.
Il faut s'ancrer bien au fond du crâne et une bonne fois pour toutes que la qualité d'une décision ne se juge pas aux résultats. C'est comme ça.
Lorsque le temps est passé, lorsque le contexte s'est précisé, lorsque les premiers résultats ont pointé le bout de leur nez, le jugement est aisé. Les évidences apparaissent.
Mais on oublie un peu facilement qu'au moment de la décision, celui qui décidait ne disposait pas de toutes les cartes en main. En fait, c'est exactement cela la décision en univers complexe et incertain. On ne dispose pas de toutes les cartes.
Est-ce le choix le plus opportun ?
L'avenir nous le dira. Mais le décideur ne peut en aucun cas être mis en cause.
A moins qu'il n'ait pas tenu compte d'informations disponibles à ce moment. Ah! Dans ce cas il est impardonnable.
Autrement, on ne peut abuser de la position hautement confortable d'être plus avant dans le temps pour juger une décision prise. Trop facile ! Non seulement, le terrain s'est éclairci, mais de plus on dispose de l'expérience apportée par la décision.
Une bonne décision ne peut se juger a posteriori.
C'est ainsi.
Ce billet est le 2ème volet d'une série consacrée à la décision.
1 Modélisation et illusion
2 Le décideur face à son dilemme
3 Qu'est-ce qu'une bonne décision ?
4 First, break all the rules
Quelques livres et quelques sites sur techniques de la décision
A plus tard...
Consultez tous les articles traitant du même sujet :Decider et passer à l'action
5 commentaires.
| Dans ma boite, les yakafokons sont aussi les tuaurepasdu. Ils sont assez nombreux. Une explication ? Est-ce une génération spontanée ? J'aimerai comprendre.
(Vous comprendrez que je reste anonyme...)
anonyme |
| Anonyme> Je ne connais pas votre boîte, mais il est vrai que les deux attitudes sont souvent assez proches. S'ils sont réellement nombreux, c'est que le management favorise ce type de comportement. Une entreprise ressemble toujours à son management. C'est mon constat.
A plus
Alain
Alain |
| alain, bonjour,
j'ai beaucoup aimé tes billets sur la décision, les 3 volets!
Dire aujourd'hui que ce n'est pas aux résultats qu'il convient de juger la qualité d'un décideur ou d'une bonne décision, c'est osé mais je partage!
En même temps je ne voudrai pas non plus qu'on oublie que c'est la recherche d'informations qui optimise la qualité de notre décision et qu'il n'y a de bonnes décisions que dans des contextes opportuns.
Décider c'est aussi mettre en oeuvre notre choix et vérifier que le moment choisi est celui où il y a le plus possible maturité de la réflexion et acceptabilité de ce qui n'est plus désormais une option.
Mais, si c'était une évidence, ce ne serait plus une décision!
A bientot sur ton blog
ps: une erreur de frappe c'est glissé sur la référence de mon blog! c'est mrh et pas mth! pourrais tu la corriger? merci d'avance c.genco |
| Merci Christine pour ce commentaire, je suis aussi de ton avis, il ne faut pas oublier l'importance de la phase de collecte d'informations, d'autant plus que c'est aussi quelque part un peu mon fond de commerce....La faute de frappe dans le lien est corrigée
A+ Alain F |
| Une bonne décision ? peu importe la décision, ce qui est important c'est d'y croire et de soigner sa mise en application, jusqu'au bout... indelocalisable |
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