C'est qui qui décide ?
Le modèle du décideur, Homo oeconomicus, omniscient et omnipotent semble inoxydable.
L'image d'Epinal soigneusement entretenue présente le Décideur avec un D majuscule, omniscient et omnipotent qui, en toute conscience, sûr de lui, prend toujours la bonne décision.
Quel est le problème ? Le décideur, homo economicus parfait, consulte ses éléments, analyse avec soin le pour et le contre et Pif ! Paf !
La décision est prise.
Elle est nécessairement bonne, puisque c'est lui le Décideur.
Cette image du décideur, qui me rappelle quelque part de vieilles BD de Gotlieb, du temps de Pilote et des dingodossiers semble reprendre du poil de la bête dans l'imagerie populaire.
Pourtant, la question de la décision est à mon avis un poil plus complexe que cela.
Pesez le pour et le contre et choisissez.
Ok facile.
Mais peser quoi ?...
Qui aujourd'hui dispose de tous les éléments pour évaluer en toute conscience avant de trancher ?
La décision est une prise de risques. Le pour comme le contre sont truffés de trous. Il manque des informations. Mais il faut tout de même s'engager. En se fondant sur quoi ? Et bien sur son expérience, sur sa propre personnalité, son émotion du moment, sa subjectivité.
La décision est tout sauf rationnelle.
Le décideur se reposera aussi sur les conseils qu'il peut piocher ici ou là auprès de proches « experts » ou « spécialistes » du moment. C'est aussi à cela que servent les rapports, les études, les enquêtes. Une façon de botter en touche ? Oui souvent. Car l'acte de prise de décision fait peur. Le décideur ne veut pas se planter. C'est pour cela que bien peu de vraies décisions sont prises.
de toutes façons, il est indispensable de multiplier les points de prise de décision et bien sûr d'accélérer le déploiement des systèmes décisionnels afin de permettre au plus grand nombre de disposer d'éléments facilitant l'appréciation du risque pour dynamiser la prise de décision concrète, les micro-décisions en fait (et accessoirement de calmer un tant soit peu l'angoisse du décideur de terrain).
Pour finir, ne pas oublier que si décider c'est choisir, décider c'est aussi éliminer.
A plus tard...
Consultez tous les articles traitant du même sujet :Decider et passer à l'action
1 commentaires.
| >"Pour finir, ne pas oublier que si décider c'est choisir, décider c'est aussi éliminer."
Très juste d'autant plus que décider c'est aussi "trancher" ethymologiquement parlant. Un billet bien interessant en tout cas.
Marion Marion |
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