Vous avez des solutions ? Cherchez donc des problèmes !
Les décisions sont-elles toujours rationnelles ?
C'est ainsi qu'on les juge...Après coup en tout cas.
Prenons un simple exemple.
Toujours après une étude d'opportunité rondement menée avec une définition précise de l'urgence... ou plutôt en tenant compte de la disponibilité des ressources ?
Il y a déjà pas mal de temps, nous avions monté, avec un collègue de l'époque, une petite boîte de développeurs spécialisés dans les problématiques d'informatisation de la production industrielle. L'automne, était particulièrement propice pour effectuer notre marché auprès de nos clients et récupérer un ou deux projets conséquents à notre échelle, afin de démarrer correctement l'année suivante. Les responsables de division disposant de queues de budget, et nous sachant disponibles (nous étions peu nombreux sur le créneau et les besoins étaient alors énormes), profitaient de l'opportunité et « découvraient » de nouvelles urgences. Les priorités des projets étaient rapidement chamboulées...(Il est aussi vrai que les temps ont changé, les « queues de budget » inutilisées sont devenues bien plus rares...)
Curieuse approche de la décision me diriez-vous. Mais est-elle vraiment originale ?
James G March
avait déjà étudié ce phénomène et s'en était servi pour démontrer le
côté mythique de la décision rationnelle au sein des organisations.
Dans la théorie classique on présuppose que, face à un problème, les
décideurs élaborent rationnellement une solution adéquate. Voici le
problème, cherchons la solution. Mais selon les observations de March
et de ses collaborateurs, le processus de décision ne se déroule pas
ainsi. Il s'agirait plutôt de mettre en concordance des solutions
pré-existantes avec des problèmes... Les décideurs puiseraient ainsi,
dans une vaste poubelle, des solutions en quête de problèmes.
La
prise de décision, dans ce cas précis, ne serait que le fruit de la
rencontre entre des flux de solutions, de problèmes, de participants et
d'opportunités : "Le modèle de la poubelle " était né. « The garbage can model ».
Lorsque les problèmes existent me diriez-vous, il ne s'agit là que
d'une question d'occasion. Les ressources sont disponibles, la solution
"est en magasin", profitons-en ça ne durera pas. Voilà quel pourrait
être le raisonnement logique, après un difficile effort de
rationalisation a posteriori.
Mais en réalité, cette approche par
la disponibilité ne forcent-elle pas la main pour tenter de faire
coller par tous les moyens une solution déjà existante à un problème
mal défini ? (Voire, et ce dans le pire des cas, de faire surgir des
problèmes qui n'existent pas vraiment ?)
A mon avis, le modèle de la poubelle, malgré ses 30 ans d'âge, est plus réaliste que jamais.
Consultez tous les articles traitant du même sujet :Decider et passer à l'action
1 commentaires.
| J'avais déjà entendu parler du modèle de la poubelle de James March. Merci pour le lien marie |
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