Depuis quelques temps déjà, les éditeurs d'outils d'aide à la décision font pas mal de bruit. A grand renfort d'annonces marketing, ils tentent de mettre en avant
l'originalité et le côté incontournable des solutions proposées.
C'est de bonne
guerre. Il est vrai qu'un grand pas a été accompli et désormais, on touche du
doigt l'intégration globale de l'ensemble des étages de la chaîne
décisionnelle.
Espérons simplement que les contraintes imposées par la
logique de standardisation, chère aux éditeurs de progiciels, ne deviennent pas
le nouveau challenge des entreprises. Mais de cela on en a déjà parlé dans un
billet précédent. Ce n'est pas sur ce point que je souhaite attirer votre
attention, mais plutôt sur la question de l'ergonomie, où depuis déjà quelques
années, l'innovation me semble sérieusement en panne.
J'entends déjà mes
contradicteurs ! Comment il y va celui là ! Qu'est-ce qu'il lui faut...
Et pourtant...
Le décideur, équipé de son tableau de bord, n'a pas grand
chose à se mettre sous la dent susceptible de faciliter un tant soit peu son
appréciation du contexte ambiant. Hormis les classiques graphiques et icones
tels que compteurs, thermomètres et graphes, et bien sûr les enchaînements du
global au détail, rien de bien original (J'en fais tout autant avec Excel, si, si je vous assure voir ici, l'essentiel du tableau de bord avec excel)
Nous avons rendu les données
disponibles, et bien maintenant démerdez-vous ! Semblent-ils nous
dire...
J'ai vraiment l'impression que les éditeurs élaborent leurs solutions
en gardant en ligne de mire le modèle largement dépassé de l'*homo oeconomicus*.
Selon ce modèle, il suffit que le décideur, rationnel de nature, soit pleinement
informé pour toujours prendre la bonne décision. Pour faire simple c'est un peu
le mythe que propose la presse grand public. L'image du décideur au regard
d'acier, un poing sur la table, et le doigt tendu droit devant, sûr de
lui.
Malheureusement, le décideur n'est jamais pleinement informé.
Heureusement, il n'est pas totalement rationnel. C'est bien grâce à sa propre
subjectivité qu'il est capable d'apprécier la complexité d'une situation donnée,
malgré ses incertitudes, malgré son incomplétude.
Quelles solutions sont
élaborées pour faciliter justement cette perception du sens qui ne doit rien à
la rationalité mais bien à la totale subjectivité du décideur ? Pas grand
chose.
(Les tableaux de bord que je vois régulièrement me laissent plutôt
l'impression de privilégier l'aspect esthétique -belles couleurs et beaux
graphiques- plutôt qu'ergonomique -passage du sens de l'info-...)
Cette
question n'est pas nouvelle (1). Mais j'ai l'impression que les éditeurs sont bien
trop préocupés par l'occupation du marché et la politique d*annonce pour
s'attarder sur ce point.
Cela dit, je me demande si cette question de
l'ergonomie du poste, en considérant le décideur comme un *humain* subjectif et
sensible, et non comme un *Cap'tain Spock* sorti tout droit de Star Strek, n'est
pas une première piste pour accéder au saint *ROI* encore difficile à trouver.
(1) Il y a une petite dizaine
d'années, avec une petite équipe, nous avions entrepris d'approfondir
ce thème en prospectant du coté de la logique floue. Les résultats
étaient prometteurs et à mon avis, le thème est encore à creuser. Pour
le lecteur interessé par le thème, le principe et les premiers
résultats sont toujours décrits dans le livre "Les nouveaux tableaux de bord des managers".
Copyright : Alain FERNANDEZ ©2004-2010- Tous droits réservés


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