Avec la tendance mode actuelle d'agrémenter d'un indice de release les concepts en vogue, il eut été dommage de ne pas en gratifier la
Business Intelligence. C'est ainsi que la
BI 2.0 est née.
Tout comme le
Web 2.0 et
l'entreprise 2.0, la
BI 2.0 n'est en pas en mal de promesses. Pour vous en faire une idée, imaginez un peu une interface toute simple, super facile à utiliser, modifiable et configurable à souhait sans pour cela être contraint de subir un long et lourd apprentissage. Bref quasi aussi simple à utiliser que le web.
Une conception "techno centric"...
Rien à voir avec la
BI 1.0 puisqu'il faut bien l'appeler ainsi et tout son
bazar logiciel. Bon, c'est vrai qu'avec la BI 2.0, on ne va pas le faire disparaître le bazar logiciel. On va plutôt
l'envoyer dans les nuages et recentrer les outils au service de l'utilisateur-décideur. En fait, c'est bien ce qu'il aurait fallu faire depuis le début entre nous soit dit. Sur le
schéma fonctionnel du système de Business Intelligence, l'utilisateur est tout de même placé en bout de chaîne.
On aurait pu supposer que toute l'infrastructure était à son service. Mais la lourdeur technique,
l'ampleur du projet, la
complexité de la collecte des données, du
stockage et de la
modélisation et surtout le tropisme technologique ont accaparé toute l'énergie.
...et un ROI durablement plombé
Finalement, le point central du système fut le
Data Warehouse au centre du schéma. C'est un peu comme si, en visitant les cuisines d'un grand restaurant, on ne se préoccupait que du frigo sans jeter le moindre coup d'oeil sur les plats servis. En tout cas, c'est bien en négligeant le rôle essentiel de l'utilisateur que le
R.O.I des projets fut définitivement plombé.
L'utilisateur au centre de la conception, bien sûr...
Avec la BI 2.0, on peut effectivement redessiner le
schéma de l'architecture logiciel et fonctionnelle en plaçant l'utilisateur décideur au coeur du système. Autonome, il pourra bâtir son interface en s'appuyant sur les services de type
SOA et en exploitant les fonctions
Mashup qui seront désormais incontournables. Bref, tout baigne quoi !
réseau social.
Bien que.
Bien que j'ai encore un peu de mal à imaginer que l'on ait réellement l'intention de réformer en profondeur la structure manageriale pyramidale des entreprises. Parce que le problème est bien là. Une entreprise, c'est une poignée d'exécutifs au sommet qui décident et une masse d'exécutants en dessous qui rament. Qu'est-ce qu'un système décisionnel dans ce cas ?
Une méga architecture de
reporting dénaturant l'information au fil de la chaîne hiérarchique pour aboutir à de bien piètres indicateurs. C'est à se demander d'ailleurs s'il convient de dénommer indicateurs ces objets non identifiés amalgamés selon d'obscures règles et vides de sens. Lorsque l'on sait
comment sont élaborés les reportings sur le terrain, aucun doute à ce sujet. C'est un grand n'importe quoi...
Knout et indicateurs de performance
A l'autre extrémité, on bombarde les exécutants, de supposés "indicateurs de performance", qui ne sont en fait que des cibles pour ne pas dire des leurres afin de les faire cavaler comme des lévriers dans un cynodrome. Aussi, le ROI de la BI 1.0 n'a jamais vraiment été trouvé. Pour essayer de compenser le ROI faiblard, la
DSI ne saura réagir qu'en s'attardant plus qu'il ne faut sur le
TCO et en pratiquant l'achat massif négocié de licences sans se préoccuper des attentes réelles des acteurs de terrain.
Se souvenir de Asby, décision et complexité
A quoi ça peut bien servir tout cela ?
On se le demande depuis longtemps, mais toujours à mots couverts...
Pourtant, la BI avait bien d'autres ambitions. Multiplier les
points de décision au plus proche du terrain afin de mieux
maîtriser la complexité était à portée de main. Tout cela même la BI 1.0 était déjà en mesure de répondre à l'enjeu. La technique est opérationnelle depuis bien longtemps. Mais pour cela encore fallait-il réformer en profondeur le management et le
processus de décision avec à son sommet le soviet suprême ou comité exécutif, comme vous voulez, seul en charge d'élaborer la
stratégie.
Les exécutants eux sont au devoir d'appliquer le plan sans réfléchir, même lorsqu'ils sont au pied du mur, face à l'impossibilité.
"Ça vient de là haut, nous on n'y peut rien" entend-on habituellement lorsque l'on pose des questions sur le terrain ... Et encore entre nous, il s'agit du meilleur des cas. Bien des entreprises n'ont même pas de
plan stratégique...
Cherchez donc le ROI; c'est l'arlésienne de Daudet...
Qu'en sera-t-il de la BI 2. 0 ?
A mon avis, ça ne va pas passer tout seul. En effet, le Web 2.0 pousse encore un peu plus avant le décalage entre la réalité d'une société qui s'horizontalise et une entreprise qui, contre vents et marées, tient à conserver sa verticalité.
Le Web 2.0 est totalement fondé sur la transversalité et la mise en avant des individualités. Il ne s'agit plus de rechercher par la contrainte, comme le suggérait le Knowledge management de 1ère géneration, de mythiques intelligences collectives, mais plutôt de dynamiser la coopération.
Au sein du réseau chacun est libre de développer et d'exprimer sa personnalité afin de mieux se faire connaître et d'établir des liens en connaissance de cause avec ses pairs. L'échange et l'enrichissement de l'information en est le fondamental. Bref, tout ce qu'il faut pour dynamiser l'innovation, la réactivité etc... Autrement dit, les besoins de l'entreprise dans le monde économique d'aujourd'hui.
La verticalité de l'entreprise classique et archaïque dans son essence est tout à l'opposé. Les individualités sont noyées, on ne recherche que la compétition personnelle dans le respect de la conformité aux normes établies. Bref, un mariage impossible en l'état...
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