Informaticiens, vous pensiez avoir tout vu en informatique ?
Et bien non !
Il paraît que maintenant vous devez adopter une vision globale et piloter les projets par les enjeux !
Selon certains gourous, ce serait la recette miracle pour réussir les projets d’intégration IT.
Eh bien tiens donc !
Pourquoi pas, cela dit. Il est vrai que nous sommes tous prêts à sortir de temps en temps la tête du guidon. Encore faudrait-il ne pas être en permanence en phase de sprint. Sinon, ce n’est qu’un slogan de plus à afficher sur les murs comme ils en fleurissaient dans les entreprises à une époque pas si lointaine.
En théorie, tout le monde est parfaitement conscient, informaticiens compris (et oui !), de l’importance d’une prise de recul et de l’opportunité d’adopter une vision globale. Mais en pratique, sur le terrain, ce n’est pas si évident. Comment peut-on imaginer résoudre la multitude de problèmes techniques inhérents à tout projet avec la tête hors du guidon et le regard porté loin devant ?
C’est le nez dans le moteur et le cambouis sur les doigts que l’informaticien peut travailler et mener à bien sa tâche. Non seulement il lui faut batailler avec une technologie totalement instable, intégrer des produits bourrés de bugs à un existant obsolète, mais il doit aussi vivre les difficultés du travail de groupe au sein d’équipes multi-générationnelles et de formations diverses où chacun met un point d’honneur à utiliser sa propre méthode de travail. Pas si facile dans ces conditions d’atteindre à coup sûr un objectif mouvant !
Et puis d’ailleurs, même avec la meilleure volonté du monde est-ce réellement possible ? Prenons le cas d’école où le projet démarre dans les temps (vous voyez, c’est réellement un cas d’école) et où tous les problèmes techniques ne sont que de la petite crème. Les responsables du projet et les informaticiens développeurs pourraient alors suivre de près les enjeux et adopter une vision globale en s’attardant sur les préoccupations précises des utilisateurs et les orientations stratégiques de l’entreprise.
Mais au fait, qui les connaît avec précision les enjeux stratégiques du projet ?
Combien d’informaticiens ont été consultés au préalable et participent aux réunions d’orientations stratégiques ? Vous en connaissez beaucoup ?
A quelques rares exceptions près, cela ne se passe pas vraiment comme ça dans les entreprises. En règle générale, on apprécie que les informaticiens restent à leur place et n’aient pas l’outrecuidance de sortir la tête de leurs listings en posant trop de « Pourquoi ». Leur domaine, c’est exclusivement celui du « Comment » point barre.
Suite du billet : Managers, executives, décideurs à quoi jouez-vous ?
Copyright : Alain FERNANDEZ ©2004-2010- Tous droits réservés


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1 Bonjour. Intéressante cette quête du pragmatique opérationnel. Pourtant, mon expérience m'a montré que l'on peut avoir toutes les réponses possibles au "comment ?", il n'y a pas un projet qui tienne la route (charges, délais, enveloppe fonctionnelle, satisfaction des besoins utilisateurs et moa) si l'on a pas les vraies réponses au "pourquoi ?" Pas vous ?
François-Xavier Bodin
2 Je ne pense pas que cela soit aux informaticiens de devoir gérer tout cela. Ils sont déja assez occupé sur la partie informatique. Je suis persuadé qu'il y a besoin d'un nouveau métier à part entière, un connecteur qui fasse le lien entre l'informaticien, les responsables de projets et surtout les utilisateurs, et que tous ces intervenants soient associés au projet dès son démarrage. Ce connecteur doit avoir à la fois des connaissances informatiques (code, design,...) mais aussi sociales (animation de communauté, communication avec les responsables) pour pouvoir faire un bon travail. Bon cela demande un gros changement des mentalités, je vous l'accorde... Mais cela va devenir essentiel.
lilious