Quelles informations pour le décideur ?
Lors de la phase de collecte, le décideur ébauche intellectuellement une représentation de la situation et des voies possibles. Les informations dites “formelles”, celles qui sont écrites, chiffrées et validées, sont importantes mais elles sont loin d’être les seules à considérer. Lorsque la décision devient un peu complexe, lorsque qu’elle sort du simple registre du calcul, le décideur sera particulièrement sensible aux conseils de proches experts “autorisés” ou de “faits”. Cet univers de "l’informel" est difficile à délimiter. Il englobe les avis, les conseils, les impressions, les suppositions et autres estimations échangés au cours d’une rencontre impromptue, d’un repas, d’un café, d’un séminaire... ou sur un blog.
Toute cette masse d’informations, indispensables pour le décideur, n’entrent pas dans le système d’information de l’entreprise. Il y a pas mal d’années on parlait d’un ratio formel/informel de 30/70 pour estimer la proportion des deux univers informationnels (JL Le Moigne notamment). A mon avis, ce ratio n’a pas dû beaucoup évoluer. S’il est vrai que le système d’information est toujours plus présent pour capter les données, les sources d’informations dites “informelles” se sont aussi multipliées avec le développement du Web et des réseaux.
Considérons maintenant les informations dites formelles.
Elle se classent elles-mêmes en deux catégories distinctes : Les informations structurées et les informations non structurées. Les premières sont bien sûr les informations que l’on peut ranger plutôt aisément dans une base de données : résultats et autres données quantitatives. Les secondes sont bien plus délicates à gérer. Ce sont les mails, courriers, rapports, compte-rendu de réunion, dont il faut extraire le sens avant de pouvoir les exploiter. Pas si simple. Bill Inmon, spécialiste du Data Warehouse et de la collecte des données rappelle dans un billet récent le ratio de 20/80 pour estimer la proportion de données structurées/non structurées.
Ainsi lorsque le projet Business Intelligence est mené à son terme, lorsque les outils d’ETL sont poussés dans leurs retranchements et collectent méthodiquement toutes les données structurées, la base “décisionnelle”, le Data Warehouse, ne contiendrait au mieux que 20 % de quelque chose qui ne représente qu’un tiers de l’information nécessaire au décideur.
Un peu de modestie s’impose. Et ne soyons pas surpris si les systèmes de Business Intelligence en oeuvre ne se résument encore qu’à la simple production de rapports et de bilans financiers et productivistes. Bien que susceptibles de contribuer à apprécier la performance, ces rapports et bilans pêchent par manque de complétude et n'en révèlent qu'une vision tronquée, bien loin de la quintessence attendue. D’un point de vue plus optimiste, on dira que la Business Intelligence n’en est vraiment qu’à ses débuts.
Si on se risque à un parallèle métaphorique, hasardeux et sans filet, on pourrait dire que les frères Wright ont réussi à faire voler le Flyer... Mais il reste encore pas mal de chemin avant d’arriver à l’industrie des gros porteurs.
Ce billet est le premier d'une série de 5 articles consacrés au projet Business Intelligence
Copyright : Alain FERNANDEZ ©2004-2010- Tous droits réservés

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1 A partir d'aujourd'hui je publierai le lundi des 4 semaines à venir un volet de cette étude consacrée au projet Business Intelligence.
afz