Un petit tour sur le front de la Business Intelligence
Le marché de la Business Intelligence , en tout cas dans sa déclinaison informatique décisionnelle, est en pleine effervescence, l'offre se structure et les PME sont notamment une cible de choix....
C'est fait !
D'ailleurs le thème de « l'accroissement de la part de marché »
est l'enjeu du moment. Les éditeurs sont sur tous les fronts. Faut dire
qu'il y a de quoi faire.
A l'origine réservée aux seuls « executives »
des grands groupes, la BI peut désormais être vendue à tous les niveaux
de l'entreprise. Et last but not least, les PME sont aussi demandeuses.
Et avec les PME, cela en fait des ventes de licences potentielles !
Tenez. Rien qu'en France, les PME représentent plus de 95% des
entreprises et emploient 2 personnes sur 3. Bon je suis d'accord. Elles
ne vont peut-être pas toutes s'équiper tout de suite. Excel a encore de
bonnes perspectives. Mais n'empêche que. Nous sommes seulement au pied
de la courbe de croissance. Si si je vous assure. Ce n'est pas le
slogan introductif d'un speech de motivation pour team de vendeurs. Je
le pense réellement. Néanmoins, pour les éditeurs spécialisés, Il
s'agit de ne pas louper la marche. Les regroupements actuels ne
laissent présager que peu de chance pour les demi pointures.
Pour en revenir aux PME, notons qu'elles ont souvent été les parents pauvres de l'équipement informatique. Rappelez-vous, lors de la grande époque des ERP, les éditeurs avaient mis un certain temps à évaluer la potentialité des PME, laissant le juteux secteur à nombre de petits challengers. Par la suite, ce ne fut pas si simple d'administrer une cure d'amaigrissement style weight watcher aux monstrueux progiciels afin qu'ils présentent une silhouette un poil plus séduisante, susceptible de charmer les entreprises de taille moyenne .
Faut dire aussi, à la décharge des éditeurs, que les entreprises n'avaient pas encore bien évalué le besoin décisionnel. Bien sûr elles se doutaient qu'elles pourraient avoir besoin d'outils, mais pas au point de débloquer des budgets conséquents.
Je me souviens, il y a une petite dizaine d'années, un responsable de département de taille respectable qui, devant les écrans de son nouvel ERP, me disait, « Et avec toutes les données qui sont contenues dans cette base, cela devrait faciliter la prise de décision non ? Mais comment faire ?» Je lui avais alors préconisé l'outil Business Objects qui était alors le plus simple d'utilisation (publicité gratuite, Dom Perignon j'aime bien). Je lui avais aussi vendu une très rapide formation mais pas plus. Il n'avait guère envie d'investir. Trois mois plus tard, le système développé durant la formation n'avait pas bougé d'un iota. *On n'a pas le temps en ce moment, mais dès que l'on trouve un instant, on s'en occupe. Promis....*
Car la vraie question est là. Ce n'est pas la disponibilité ou le
degré de maturité de produit qui définit l'ouverture d'un marché, mais
bien la volonté d'investissement des clients. Et aujourd'hui, ce n'est
plus un scoop, les entreprises sont prêtes à investir dans la BI ;
prêtes à placer un maximum d'atouts de leur côté pour dynamiser la
réactivité de l'organisation et piloter dans les meilleures conditions
en environnement pour le moins agité.
Les éditeurs flairant la bonne
affaire, étoffent leur offre et proposent des « suites » complètes
susceptibles de couvrir l'ensemble des besoins. S'appuyant sur les
concepts en vogue comme le management de process ( BPM, CRM, ou toutes
autres combinaisons des mots : Corporate, Performance, Process,
Strategic, Management...), ils proposent d'identifier les puits sans fond
où se perd la performance et de dénicher les sources cachées
d'efficacité. Sur le papier, le modèle bien structuré semble sans
faute. Le tout est de réussir à l'appliquer à l'entreprise sans tout
casser.
Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvaises augures, je me demande
si on ne va pas revivre les éprouvantes implantations de progiciel,
lorsque qu'il s'agissait de faire entrer une organisation avec toutes
ses particularités dans un modèle parfait, en tout cas sur le papier, à
grands renforts de consultants armés d'huile pour le mieux, de
pieds-de-biche pour le pire...
En tout cas un dernier conseil : consultants, recyclez-vous ! La BI vous attend...
A plus tard ...
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