Les indicateurs, ont beau dos ! Ou comment tout justifier et n'importe quoi en s'appuyant sur "les indicateurs".
Où commence l'information, où s'arrête la manipulation, et vice-versa...
Le week-end dernier, j'ai croisé une ancienne voisine. Pas vraiment au meilleur de sa forme. Elle venait juste d'apprendre la veille qu'elle faisait partie de la charrette. Licenciée. « Ce sont les indicateurs » me dit-elle. « Ils sont tous dans le rouge et comme je suis la dernière arrivée... En tout cas c'est ce que l'on m'a dit lors de mon entretien ».
« Ce sont les indicateurs ». Cette phrase résonne encore dans ma tête.
Moi qui consacre une bonne part de mon temps à promouvoir l'usage des indicateurs, je suis un peu mal à l'aise lorsque j'entends ce type de discours. Il est temps de faire une mise au point.
Ainsi, il devient coutumier dans l'entreprise comme dans la vie publique de justifier les décisions prises ou à prendre par la publication d'un indicateur à l'intitulé ronflant appuyant l'argumentation et coupant court à toutes objections. « Vous voyez bien que j'ai raison d'agir ainsi, c'est l'indicateur qui le dit, il n'y pas d'alternative »« Grâce à moi, depuis que je suis aux commandes la barre est maintenant redressée, voyez les indicateurs, mais la route est encore longue, unissons nos efforts pour franchir ce cap difficile... » Celui-là tient à garder sa place.
Laisser en paix notre cerveau limbique !
L'idée étant de justement laisser de côté notre capacité de réflexion, et de ne s'adresser qu'à notre cerveau limbique voire reptilien, qui lui ne réagit qu'en émotion primaire, comme la peur notamment qui entraîne la soumission.
Un indicateur déconnecté de son contexte ne veut rien dire.
Avant d'interpréter la valeur portée encore faut-il disposer de réponses claires et précises aux quelques questions suivantes :
Comment est calculé l'indicateur ? Quelles sont les données utilisées pour son calcul ? Que mesure-t-il exactement ? Quel était l'objectif initial, à quelle échéance ? Quelles actions ont été mises en place ? Avec quel résultat ?
A moins d'être un débile sérieusement atteint, nous disposons tous d'un QI moyen suffisant pour comprendre l'indicateur en substance et en synthèse lorsqu'il nous concerne au premier chef. Exigeons que l'on s'adresse à notre néo-cortex, nous sommes des êtres humains, êtres logiques et raisonnables que diable.
Copyright : Alain FERNANDEZ ©2004-2010- Tous droits réservés


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1 Un blog toujours aussi interessant. On pourrait aussi parler des indicateurs manipulés. En modifiant le calcul de l'indicateur en cours de parcours, on peut facilement lui faire dire ce que l'on veut. Cordialement, Remy (Recopié par AlainF suite transfert)
Remy
2 manipuler, manipuler, il en restera toujours quelque chose. En tout cas le propos semble d'actualité !
Frederic
3 En complément lire aussi l'article du canard enchaîné du 14 mars 07 : "L'Insee fait mentir les chiffres pour donner raison à Chirac". Une parfaite illustration de l'art et la manière de préparer les indicateurs essentiels, celui du chômage en l'occurence.
Un second article pour enfoncer le clou tiré du même "canard" daté du 3 janvier 2007 : "Les comptes à dormir debout de l'Insee"
afz