
Vous en avez ras la casquette du management par le stress
(Orange stressé : Le management par le stress à France Télécom
& Suicide et travail : que faire ?
), vous vous sentez pris au piège d'un salariat corvéable à merci
(Travailler plus pour gagner moins : la menace Wal-Mart
), vous n'avez pas du tout confiance dans un paternalisme de légende tout droit sorti du XIXème
(Michelin : ils dénoncent la pression au travail), vous craignez l'extension de l'emploi jetable
(Le quai de Ouistreham
) et le modèle Toyota ne vous fait pas rêver
(Toyota : L'usine du désespoir
).
Il existe pourtant d'autres manières d'organiser la création de valeurs sans être pour cela contraint de subir en permanence les abus managériaux. L'inexorable financiérisation exacerbe déjà suffisamment les lois de la concurrence sans encore en rajouter.
L'auto-gestion, un mode de survie en environnement chahuté ?
L'auto-gestion par exemple, un modèle d'organisation fondé sur des principes démocratiques(1), est bien mieux adapté aux fonctionnements horizontaux tels que l'on devrait les pratiquer.
Lorsqu'il est bien appliqué, ce mode d'organisation à l'échelle humaine est suffisamment mobilisateur pour relever des entreprises en faillite et vidées de leur substance par les ex-propriétaires. Même s'ils sont bien peu médiatisés, les exemples d'entreprises redressées depuis le passage en coopérative ne manquent pas.
De la propriété...
Cela dit, l'auto-gestion n'est pas pour autant qu'un mode de survie en environnement chahuté.
Il est essentiel de revenir de temps à autre aux fondamentaux et d'en profiter pour se poser les bonnes questions. Par exemple, pourquoi l'outil de travail devrait-il être détenu systématiquement par des éléments extérieurs à l'entreprise ? Ne serait-il pas plus logique qu'il soit la propriété de ceux qui créent la valeur, des femmes et des hommes qui, sur le terrain, 8 heures par jour, conçoivent, produisent, vendent et assurent le fonctionnement du processus global ? On pourrait alors donner une définition aussi précise que réaliste à la notion d'investissement personnel sans se fourvoyer dans l'archaïque schéma de soumission-dépendance.
Qu'est-ce que la performance ?
Dans tous les cas, c'est bien la
notion de performance qu'il s'agit de préciser avec soin. Un petit exercice de réflexion, collectif ou non, du type des
5 pourquoi sera d'un précieux secours pour enfin comprendre l'intérêt de se défoncer au boulot. "Emploi et revenu durables" sont en réalité les seuls objectifs de performance qui méritent d'être poursuivis. C'est d'ailleurs sous cette aune que l'on évaluera et classera les
méthodes de management. (A titre d'aparté j'ai déjà effectué un premier tri et éliminé l'ivraie. Les "bonnes" méthodes sont décrites sur l'ensemble des sites du
portail "piloter la performance".)
Revisiter les méthodes de management et d'organisation
Ensuite, bien sûr, il faut encore les mettre en oeuvre avec soin, en se focalisant exclusivement sur la définition de la performance retenue. La quête continue de la
satisfaction client, les
démarches qualité, la
maîtrise des processus,
l'alignement stratégique, les
stratégies coopératives,
océan bleu, niches et
innovation permanente trouvent toutes leurs saveurs dans une perspective d'emploi et de revenu durables. Mais tout cela doit être piloté. On laissera de côté le mythe du leadership, fond de commerce des flagorneurs, cabinets de consultants à 2 balles et publications easy reading pour s'attarder sur la question de la
gouvernance et le principe de
prise de décision dans une démarche plus globale de
développement durable.
Je vous laisse réfléchir à tout cela et vous propose ci-après quelques ressources. Je compléterai et actualiserai ce billet au fil de mes lectures.
(1) Dans une autogestion, chaque "salarié"-sociétaire-actionnaire, quelle que soit sa position, dispose d'une voix et d'une seule. Les bénéfices ne sont pas dispersés à l'extérieur comme pour une société par action. Ils sont partiellement redistribués après avoir renforcé les réserves nécessaires pour les investissements à venir et coups durs éventuels.
Quelques ressources sur cette question
- SCOP, le réseau Société Coopératives et participatives
Un site particulièrement complet et informé
- Qu'est-ce qu'une Scop ? Définition détaillée
- SCIC, définition des Sociétés Coopératives d'Intérêt Collectif
- Labo ESS, le labo de l'Economie Sociale et Solidaire
- Contribution d'Edgar Morin
Postface à l'ouvrage Economie sociale et solidaire : 50 propositions pour changer de cap ! (PDF)
- Alternatives économiques
De nombreuses informations sur la question de l'autogestion. Alternatives économiques est elle-même une SCOP. Un abonnement au ROI assuré.
- Mondragón, une méga coopérative
L'énigme de Mondragon : comprendre le sens de l'expérience par Jacques Prades
A lire
Auteurs de référence
Les ouvrages cités en introduction de ce texte