Développement durable et pêche à l'anchois.
Comment expliquer le développement durable ?
Il y a bien la définition d'origine proposée par la commission dirigée par Gro Harlem Brundtland avec le rapport éponyme de 1987 (en fait le rapport est intitulé : Our Common Future).
En fait, c'est bien la notion de performance qu'il s'agit de redéfinir. Il est urgent de remplacer le "toujours plus" par le "toujours mieux". L'exemple du sport de compétition, souvent repris par les apôtres de la productivité, est en fait un bien mauvais exemple. Battre en permanence les records précédents est bien quelque part absurde; le dopage n'est pas vraiment une dérive mais une conséquence logique.
Cette politique du "toujours plus" a ainsi dévoyé des pans entiers de la recherche et de l'application des technologies en se focalisant exclusivement sur le thème aisément mesurable de l'amélioration de la productivité (voir le ROI).
Pour illustrer le propos, un exemple hors de la Hi Tech : la pêche à l'anchois.
La pêche à l'anchois
La pêche à l'anchois, un thème actuel et plutôt conflictuel entre la France et l'Espagne illustre bien ce que n'est pas le développement durable.
Les mers ne sont pas une ressource infinie. A titre d'analogie, la pêche s'apparente à une technique de cueillette. Lorsque l'on utilise la technologie la plus pointue pour améliorer la productivité et donc dans le cas présent augmenter au maximum le nombre de prises, irrémédiablement on atteint le seuil fatidique de la destruction de l'espèce. En deçà de ce seuil, l'espace n'a plus la capacité de se reproduire. Il faut donc laisser le temps aux poissons de se regénéré avant de reprendre les campagnes de prélèvement. Pour la pêche à l'anchois ce seuil limite est déjà atteint. Les pêcheurs espagnols sont tout à fait d'accord pour laisser le temps au "stock" de se renouveler. Ces derniers utilisent des techniques de pêche plus traditionnelles et donc avec moins de frais fixes. En revanche avec le gel de la pêche à l'anchois, les pêcheurs français suréquipés sont pris à la gorge. L'investissement est trop lourd à amortir.
Voilà un exemple rapidement conté pour bien différencier le "toujours plus" et le "juste ce qu'il faut", point de départ d'un développement durable concerté. A méditer non ?
KPI et performance
De toutes façons dans développement durable, si le terme développement est bien présent, il y a surtout l'hépithète durable même si les puristes préfèreront celui de soutenable. Il est temps de voir un peu plus loin que le bout de son reporting financier et d'envisager tous les axes de la performance. La recherche de la performance en matière de développement durable n'est plus vraiment une activité de monomaniaque, obsédé par le résultat financier du trimestre. La performance est en fait un concept multifacettes. Les instruments de mesure que sont les tableaux de bord et plus précisemment les indicateurs KPI sont en fait l'alpha et l'oméga du projet de développement durable. Ils conditionnent l'accomplissement du projet de bout en bout. Bien plus sûrement en tout cas que toutes les bonnes résolutions, peut être fédératrices lors du lancement, mais bien peu résistantes face au poids des habitudes du passé lorsque le projet avance.
A noter, sur un plan plus macro économique c'est bien l'indicateur PIB Produit Interieur Brut qu'il s'agit de réformer, mais nous en parlions déjà ici de ce thème avec le livre les nouveaux indicateurs de richesse.
Consultez tous les articles traitant du même sujet :L'art de Manager
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