2001, la crise en Argentine. Fuite massive des capitaux. Les avoirs des argentins de base sont bloqués. C'est le sauve qui peut. Les usines ferment, les patrons vendent ce qu'ils peuvent, oublient de payer les salaires en retard et prennent le large.
Ici et là, les ouvriers des usines au chomage forcé ne se laissent pas abattre. Ils se remontent les manches, occupent les usines vides, se remettent au travail et relancent la production et l'économie du pays.
Ocupar, resistir y producir.
Ils se constituent en coopérative autogérées et recherche non sans mal une reconnaissance officielle. Celle de leurs pairs et de la communauté, le tissu local, est déjà acquise.
Les coopératives autogérées appliquent un principe de démocratie participative. Les décisions importantes sont prises collectivement, un travailleur = une voix. Certaines uniformisent les salaires d'autres non. A chacune sa recette de fonctionnement. Dans tous les cas, la structure pyramidale et hiérarchique est remplacée par un réseau. Ce principe de réseau est aussi perceptible au niveau du maillage des relations clients-fournisseurs et de l'implication sociale au le plan local.
Il y a quelques années,
Naomi Klein et Avi Lewis s'étaient rendus en Argentine pour témoigner de ces instants suggérant une issue possible à un capitalisme en déroute.
Le film,
The Take
, traduit en français, semble malheureusement épuisé. Voir les
secondes sources sur amazon.fr
Un livre, traduit en anglais,
Sin Patrón: Stories from Argentina's Worker-Run Factories
rapporte de multiples exemples de réussites après la reprise d'entreprises abandonnées par leurs dirigeants.
Ce film et cet ouvrage content entre autres l'aventure de Zanon Ceramica devenu FaSinPat (Fábrica Sin Patrones),
La wikipedia française y consacre aussi un article
voir ici.
Sur le même sujet lire aussi :
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Sin Patrón: Stories from Argentina's Worker-Run Factories
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1 Complément : Le film est disponible en ligne ici sur video google avec sous-titres en anglais...
afz
2 Il n'y a pas qu'en Argentine, ça se passe aussi en France. Ce jeudi, Daniel Mermet dans son émisssion quotidienne La bas si j'y suis relate une expérience d'entreprise autogérée, la société CERALEP spécialiste en isolateurs céramiques pour réseaux électriques très haute tension. Cette société, rachetée en 2000 par un fond de pension US fut laissée exsangue de commandes en 2003. Pourtant, le marché semblait toujours porteur. Une majorité des ex salariés, appuyée par les proches, quelques commerçants, la commune et des sympathisants ont tenté le grand pas. Ils ont repris l'entreprise en SCOP et sont devenus salariés actionnaires. Largement déficitaires au moment de la reprise, les comptes sont désormais équilibrés. Qualité et productivité se sont très nettement améliorées et les principaux clients sont revenus. L'entreprise, bénéficiaire, verse aujourd'hui ses dividendes... à ses salariés-actionnaires ! Ça s'écoute ici .
afz