J'ai retrouvé ce texte que j'avais écrit il y a quelques années pour préparer un séminaire pour jeunes (et moins jeunes) chefs de projet. Finalement, j'avais abordé la question différemment. Ce texte est donc un inédit. Je vous le livre ci-après...Le rôle du chef de projet n’est pas particulièrement aisé. Il s’agit en effet de conduire une réalisation qui n’est pas toujours bien définie, qui n’est pas toujours bien acceptée, avec une équipe qui n’est pas toujours parfaitement cohérente.
1 Lutter contre l’isolement
Si le chef de projet est jeune ou nouveau dans le métier, il faudra qu’il commence par marquer ses repères auprès de l’équipe de réalisation dont il a la charge. Selon sa personnalité, cela risque de consommer une bonne part de son temps et de son énergie.
Cette complexité est difficile à vivre, et il en existera toujours pour préférer se réfugier derrière un dirigisme froid et matériel et se contenter de suivre exclusivement les plannings et les indicateurs d’avancement. Cette tendance à l’isolement, reposante pour l’esprit, est un défaut majeur. Elle conduit généralement à la rupture entre le manager, l’équipe et “les autres”, les parties prenantes directes et indirectes : clients, utilisateurs, observateurs...».
L’accompagnement du changement commence dès les prémisses du projet. Prendre le temps de communiquer avec toutes les parties est un préalable. C’est ainsi que l’on lève les lièvres…
2 Préparer son projet
L’avant projet est une phase essentielle.
Il s’agit en effet de définir et de préciser la cible ainsi que la feuille de route balisant point par point le déroulement. Sous un autre angle de vue, il s’agit de bien comprendre comment chacune des parties prenantes perçoit le projet. Dans le cadre d’un projet complexe, les personnes concernées directement ou indirectement ont leur propre vision de la réalité. Ce n’est pas gênant en soi à partir du moment où chacun des acteurs majeurs a bien compris les enjeux et les phases du déroulement. Mais cela demande beaucoup de communication : Informer bien sûr, mais aussi beaucoup écouter. L’expert spécialisera son oreille dans les « non-dits ». Ils sont généralement beaucoup plus riches de sens.
3 Communiquer pour mieux anticiper
Si le bon chef de projet est un communicant, il sait aussi anticiper.
Grâce aux échanges fréquents, il se forge une perception toujours plus fine du projet dans toutes ses dimensions afin de l’intégrer du mieux possible. Percevoir les impacts du projet sur les plans organisationnel, technologique et culturel est une des règles du succès.
4 Vendre son projet
De toute façon et dans tous les cas, un projet se vend.
Le bon chef de projet est aussi un “marketteur”. Bien sûr il faut prendre soin d’étudier avec les responsables concernés leur vision propre du projet. Mais il s’agit aussi de présenter les enjeux sous leurs plus beaux atours. C’est le seul moyen d’établir les alliances nécessaires à la réussite.
A titre d’exemple, je suis intervenu récemment sur un projet où le responsable et l’équipe de réalisation étaient des parachutés comme c’est souvent le cas. Le jeune chef de projet, communicant de nature, a su s’appuyer sur sa « tchache » pour aller chercher l’échange dans les 4 coins de l’entreprise. Non seulement il se mit rapidement dans la poche la majorité des positifs mais il réussit aussi à négocier avec les principaux opposants potentiels pour trouver une forme de terrain d’entente satisfaisant pour tout le monde. Pour l’équipe ? Pas de problème, elle suivait. Sa pêche était contagieuse.
On a tendance traditionnellement à vanter les leaders nés, un poil autoritaire. Dans ce cas, il s’agissait plutôt d’un communicant positif, sympa et optimiste de nature…
voir aussi le site dédié au chef de projet efficace
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1 Merci pour ces conseils très utiles. Une réserve toutefois: "Préparer son projet"; ce serait tout autant un conseil à formuler à la hiérarchie du "Jeune Chef de Projet". En effet, ce dernier est souvent mis sous pression pour accepter rapidement une mission. Parfois même, son équipe est choisie en fonction des disponibilités des uns et des autres, sans réelle connaissance, et le jeune chef de projet n´est amené à découvrir le terrain qu´une fois qu´il est engagé à mener à bien la mission...
Jeremy
2 J'ai été très content de pouvoir confirmer mes propres observations avec cet article. :)
Guilhem Marty