
Ce n'est d'ailleurs pas un cas isolé. Au cours d'une soirée un peu chiante, j'en avait croisé un autre qui, bien que son activité soit encore fort jeune il venait de démarrer quelques semaines plus tôt, était déjà en quête d'investisseurs intéressés par le concept à forte valeur ajoutée (?). Ensuite me confiait-il il serait prêt à recruter des "talents".
Ne vous méprenez pas. Je serai toujours à l'écoute des ambitions lorsqu'elles sont concrètes (j'aime bien aussi ceux qui rêvent debout, mais bon, à petite dose quand même). Là, c'est la juxtaposition de ces termes, "investisseurs", "valeur" et "talents", tout comme le ton bien trop assuré employé, qui m'avaient fait un peu tiquer. En effet au cours d'une émission de France-Culture consacrée aux luttes syndicales, l'an dernier, Sellières l'ex patron des patrons exprimait exactement les mêmes propos sur le même ton (après avoir longuement expliqué qu'il n'y avait plus de classes sociales la preuve même des héritiers Wendel pointaient au chômage ! (sic))
Alors pour en revenir à ceux qui triment, "camarade" Euh là non ça ne le fait plus, plutôt "futur collègue entrepreneur", il est temps de réformer ton vocabulaire si toi aussi tu souhaites être un acteur "performant et compétitif" de ce nouveau monde merveilleux encore à construire.
Comme je suis bien sympa, je te livre ci-après les formules adéquates à utiliser sans retenue afin de paraître branché lorsque tu rencontreras tes "amis entrepreneurs" qui comme toi, ont choisi de franchir le pas.
Allez, on commence.
Alors Comment traduiriez vous : "Les patrons ne rêvent que d’une seule chose, casser le droit du travail ?"
Et pour finir n’oubliez pas que ce n’est pas un "travail", un "job", encore moins un "boulot" que vous cherchez à accomplir, mais bien un "challenge" !
A bientôt collègue ou plutôt... concurrent !
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A son compte
?
1 RIgolo comme texte. J'aime bien habituellement ce que vous faites mais là ça me questionne un brin. Lorsque vous écrivez ceci "Les investisseurs jugent favorablement les entrepreneurs qui adoptent une stratégie fondée sur la concentration des talents les plus pointus." Vous n'êtes pas d'accord ? Vous pensez qu'il faut se trimbaler des gouffres à fric comme l'administration éternellement ?
Allibert
2 L'administration n'était pas le thème que je visais. D'ailleurs il vaut mieux ne pas oublier que l'administration englobe les services publics comme l'école ou la santé pour ne citer que ceux-ci.
D'autre part, dans le monde marchand, il est vrai qu'il est absurde de maintenir sous perfusion des activités qui sont déficitaires à court, moyen et long terme. Mais il est bien plus dangereux de continuer à vivre sous le couperet du ROE (Return On Equity) qui, fixé arbitrairement à 15 %, anéanti purement et simplement des activités rentables dans la durée.
A plus
afz
3 L'administration, services publics... C'est vrai, mais pourquoi ne parle-t-on jamias de réduire le budget de l'aqrmée qui est tout de même le duxième après l'éducation nationale hors dettes ?
Amateur
4 Billet permettant de prendre du recul par rapport à des concepts entendus quotidiennement... je l'ai repris sur le blog capitalsocial.fr
Jean-Philippe
5 Mmh, c'est vrai que la sphère des affaires (entreprises et prestataires de ces entreprises) emploient un jargon agaçant. On n'y comprend plus rien. Pour moi, un boulot, c'est d'aider quelqu'un à faire quelque chose. Quelque chose qu'il aime ou qui lui est utile. Un ami me disait il y a plusieurs années : J'ai retrouvé un contact, sur le Net. Le type m'explique qu'il construit des usines. Je trouve ça simple et ça suffit. On se représente le gars : plannings, outils, partenaires, etc. Ca a du sens. La faune, pourtant intéressante, des rassemblements professionnels (événements, séminaires, etc.) a tout avantage à bosser un "elevator pitch" propre et direct. Ou alors à parler de ce qu'ils font en vrai, au quotidien : je vois ci ou ça, fais ci ou ça, propose ci ou ça à untel ou untel. Qu'en dites-vous ?
Lionel